Une table à induction n'a rien d'un appareil de chauffage classique. Sous chaque zone se trouve un inducteur, une bobine de cuivre plate qui crée un champ magnétique ; c'est le fond du récipient qui chauffe, pas la plaque. Ce champ est produit par un module électronique de puissance, refroidi par un ventilateur, et l'ensemble est piloté par une carte de commande reliée au clavier tactile. Comprendre cet enchaînement suffit à localiser la panne.
Premier réflexe : éliminer le récipient
Avant tout démontage, vérifiez le récipient. L'induction n'agit que sur les métaux ferromagnétiques : si un aimant de réfrigérateur ne tient pas au fond de la casserole, aucune plaque au monde ne la chauffera. Un fond bombé, déformé par un choc thermique, réduit aussi le couplage et provoque des coupures intempestives. Enfin, un récipient trop petit pour la zone n'est pas détecté : la plupart des zones exigent un diamètre minimal de l'ordre de douze centimètres.
Une seule zone est morte
Quand les autres zones fonctionnent, l'alimentation générale et la carte de commande sont hors de cause. Restent trois suspects, dans cet ordre :
- l'inducteur de la zone, dont la bobine peut être coupée ou dont la sonde de température intégrée est défaillante ;
- le module de puissance correspondant : sur beaucoup de tables, un module pilote deux zones, ce qui explique les pannes par paire ;
- le connecteur entre les deux, dont les cosses noircissent et chauffent.
Sur la vue éclatée de votre table, l'inducteur et le module de puissance sont deux pièces distinctes avec deux références distinctes : c'est précisément le genre de confusion qui fait commander la mauvaise pièce.
Toutes les zones sont mortes
Là, remontez à la source. Une table à induction se raccorde souvent en triphasé ou en deux phases : la perte d'une seule phase éteint la moitié des zones sans éteindre l'affichage. Vérifiez le bornier de raccordement, les barrettes de pontage et le disjoncteur dédié avant d'incriminer l'appareil. L'alimentation générale, le filtre secteur et la carte de commande viennent ensuite.
La plaque s'arrête toute seule après quelques minutes
C'est la signature d'une protection thermique. L'électronique de puissance dissipe beaucoup de chaleur et s'éteint pour se protéger. Trois causes, toutes mécaniques :
- le ventilateur de refroidissement est bloqué, encrassé ou son roulement est mort ;
- les ouïes d'aération sous le plan de travail sont obstruées, ou la table a été encastrée sans la lame d'air prévue par la notice ;
- un four encastré juste en dessous réchauffe l'électronique de la table, situation courante et rarement anticipée.
Les codes d'erreur
Les tables modernes affichent un code plutôt qu'une panne muette. Les familles de codes se ressemblent d'un constructeur à l'autre : erreur de détection de récipient, surchauffe, défaut de communication entre la carte de commande et le module de puissance, tension d'alimentation hors plage. Le tableau exact figure dans le manuel de service du modèle, et le code oriente le diagnostic bien plus vite qu'un démontage à l'aveugle.
Le clavier tactile qui ne répond plus
Symptôme fréquent et rarement électronique : les touches sensitives détectent une variation de capacité, et l'humidité, la graisse ou un film d'eau sous un torchon les saturent. Une table qui bipe toute seule ou refuse toute commande commence par se nettoyer et se sécher. Si le défaut persiste à froid et à sec, le clavier ou sa nappe de liaison sont en cause ; la nappe, souvent collée, est une pièce séparée sur la nomenclature.
Avant d'ouvrir
Coupez le disjoncteur dédié, pas seulement l'interrupteur de la table. Les modules de puissance contiennent des condensateurs de forte capacité qui restent chargés après la coupure : laissez l'appareil au repos plusieurs minutes et ne touchez pas les composants du module. Le verre vitrocéramique se dépose en général par le dessus, après avoir libéré les clips ou le joint périphérique : la vue éclatée de votre modèle montre l'ordre exact de dépose et la référence de chaque sous-ensemble.